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Fantastic Children, les enfants de Béfort
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Attention, ce texte comprend de nombreux spoilers. Il est plus que recommandé d’avoir vu les oeuvres dont il est question avant de le lire, pour ne pas gâcher votre plaisir de spectateur.
Irgendwo
Durch des Lebens Wüste irr ich glühend
Und erstöhne unter meiner Last,
Aber irgendwo, vergessen fast,
Weiß ich schattige Gärten kühl und blühend.
Aber irgendwo in Traumesferne
Weiß ich warten eine Ruhestatt,
Wo die Seele wieder Heimat hat,
Weiß ich Schlummer warten, Nacht und Sterne.
Quelque part
J'ère et me consume dans le désert de la vie,
Et je souffre sous ce lourd fardeau.
Mais quelque part, est une fleur presque oubliée.
Je sais qu'il existe un jardin quelque part,
Derrière la froide obscurité.
Mais c'est si loin, comme un rêve.
Je sais que ce lieu de repos m'attend.
Notre esprit conserve le lieu de notre renaissance,
Où le sommeil, la nuit et les étoiles m'attendent.
Hermann HESSE (1877-1962)
Irgendwo / Quelque part (Ausgewählte Gedichte)1
 Christina (1721-1759) |
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Il est très ardu de résumer cette série sans vous en dire trop, tant elle repose sur la découverte de révélations d’épisode en épisode, donc de découverte en découverte et du plaisir que l’on prend à y démêler tous les énigmatiques évènements qui se présentent à nous. Arrivé à la moitié de la série, malgré de nombreuses pistes mystérieuses qui nous sont dévoilées, on ne sait absolument rien du véritable enjeu dont il est question. Il se fera véritablement jour dans la seconde partie, avec, tout au long des épisodes, de grands moments de révélations. On peut ainsi émettre l’idée que la série se présente un peu comme l’un des sujets qu’elle évoque, à savoir la réincarnation, ce que la seconde partie serait de la première, alors que paradoxalement elle mettra en image des vies ayant précédées celles-ci.
Avant que d’aller plus loin dans ce texte, une petite explication de la présence du poème de Hermann HESSE à l’entrée de cet article s’impose. Tout d’abord, cette ode est présente dans la série sous forme orale, dès la fin du deuxième épisode, quand Hilda, le personnage central de cette œuvre part véritablement à la recherche de ses origines, sans en avoir encore pris réellement conscience. Le poème évoque ce lieu indistinct, comme une sorte de sentiment lié à la mémoire, à des souvenirs endormis. Sa présence n’est pas là seulement pour ce qu’il suscite en émotion, mais il souligne également certains aspects de l’œuvre anime avec celle d’Hermann HESSE, illustre homme de lettres allemand (il prit la nationalité suisse) qui illumina la littérature mondiale d’une grande sagesse.
De 1853 à 2012, en passant par 1901
La série débute pour un court instant en 1853 en Hollande. A cet égard, de nombreuses références géographiques européennes sont à noter tout au long de la série. Un jeune garçon prénommé Conrad rentre chez ses parents avec son petit frère. Sur le chemin, il rencontre un petit groupe d’enfants aux cheveux blancs qui l’accoste. Ces enfants qui semblent le connaître lui demandent de revenir parmi eux. Palza, comme il l’appelle, leur répond qu’il ne veut plus vivre comme ils ont déjà vécu et que dorénavant il resterait avec sa famille. Ne pouvant insister plus longtemps, la mère de Conrad étant arrivée et serrant dans ses bras son fils en pleurs, les mystérieux enfants avec grand regret laissent derrière eux, ce qui semble être une partie d’eux même. Plus tard, cet enfant deviendra le grand scientifique allemand Wilhem Conrad Röntgen (1845-1923). Pour sa découverte des Rayons X en 1895, il recevra le premier Prix Nobel de Physique en 1901. Mais était-ce vraiment une réelle découverte ?
Dans cette scène, Conrad est accompagné de son petit frère Claude, alors que dans la réalité il était fils unique. Ce premier élément contradictoire, souligne que bien que le décor scénaristique utilise des références historiques, ce monde qui est ici dépeint, n’est pas tout à fait le notre.
Cela sera confirmé par la cartographie d’une région difficilement identifiable, et où se déroulera peu après une grande partie de l’action, mais qui tout de même, aux vues de sa géographie, représente le sud-est asiatique. D’autre part, pour souligner encore cet aspect quelque peu fantastique, empruntant aux univers steampunk, une grande partie de ces villes est affublée de noms d’agglomérations européennes.
On pourra donc noter que l’Île de Natsuna héberge des villes comme Arlon (ville la plus ancienne de Belgique), Mons (Belgique également) ou Kampen (ville des Pays-Bas), ainsi que pour la Grande-Terre de l’Ouest, la ville de Venlo (Pays-Bas) et Clairmont (Belgique). L’île baigne également dans la mer d’Akaba, dont le nom a pour origine la ville jordanienne jouxtant Israël, cela au Sud des deux pays. C’est donc une sorte de carte imaginaire où l’on peut retrouver quelques références réelles, mais venant de plusieurs horizons différents, ce qui crée un sentiment étrange. La ville de Béfort, où furent retrouvées les traces de la première apparition des Fantastic Children, se situe également en Belgique.
Puis c’est en l’année 1901, soit 48 ans plus tard, que nous retrouvons les mêmes enfants qui avaient abordé Palza. Ils font irruption dans une chambre de l’Hôpital Sanatorium de Clairmont, mais la patiente qui y était alitée vient de décéder. La jeune femme en question se nommait Serafine. On apprendra qu’elle avait 42 ans et que toute sa vie elle peignit, sur de nombreuses toiles, un paysage toujours identique. En voyant justement dans cette chambre, plusieurs de ces toiles au même motif, les enfants avaient la confirmation que cette femme était la personne qu’ils recherchaient. Hélas, dans la mort, celle-ci leur échappait pour un temps.
Mais alors que Mel, une jeune fille du groupe se sent mal et semble tout à coup perdre la mémoire, des hommes font irruption dans la pièce, accompagnés d’un jeune garçon du nom de Dumas qui semble être, lui aussi, à la recherche de la même personne. Les enfants réussissent à s’échapper par les fenêtres exceptée Mel, qui atterrée, ne sait plus pourquoi s’enfuir.
Enfin nous arrivons en 2012, dans une région qui semble se situer entre le Vietnam et la Malaisie, ou plus largement en Indonésie. Nous y faisons la connaissance de Thoma, un jeune garçon plein de vie, habitant avec ses parents sur l’île de Papan, située dans la région de Kokkuri2, où d’antique statue bouddhique se noie dans la nature, rappelant celle d’Angkor au Cambodge, mais où l’on peut aussi noter d’autres influences. Thoma y fera la rencontre de deux enfants qui viennent à nouveau de s’enfuir du Refuge de Chiako. Chitto Kulan, un jeune garçon de huit ans, né la semaine où fut diffusé le premier épisode de la série en octobre 2004, accompagné d’une jeune fille, Helga Lui, un peu plus âgée. Cette dernière est très refermée sur elle-même et dessine inlassablement le même paysage, celui-là même qui se trouvait sur les tableaux de Serafine. Celui-ci devient une obsession issue de ses songes, et elle ne souhaite qu’une chose, trouver un jour cet endroit qui hante son esprit.
Nous avons là les premières scènes de la série qui nous interrogent. Qui sont ces enfants aux cheveux blancs semblant ne pas avoir vieilli en 50 ans ? Quelle relation avaient-ils avec le scientifique qui découvrit les rayons X ? Qui était la femme hospitalisée qu’ils voulaient rencontrer ? Et quel est ce lien qui semble unir Helga à celle-ci par l’intermédiaire de leur dessin ? Tant et bien d’autres questions, qui tout au long de la moitié de la série, nous maintiendront dans un état d’attention que nous allons quelque peu dévoiler dans le chapitre suivant.
 Serafine (1859-1901) |
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Métempsycose et mauvais karma
De réincarnation, il est ici question. Mais si renaissance il y a, celle-ci est quelque peu produite par la technologie et non par un processus naturel. De plus, elle est ici d’origine extra-terrestre. Et encore pour ajouter à la singularité du phénomène, elle est d’extra-terrestre à terrestre. Ainsi, suite à une guerre sur la planète Grèce se situant à quelques 200 millions d’années lumière de notre système solaire, et pour sauver la princesse Tima dont le corps a subi un traumatisme, son esprit sera envoyé sur la planète Terre. Peu après, les sept scientifiques qui avaient mis au point ce moyen de transport iront la rejoindre, pour récupérer son âme et la restituer à son corps préalablement soigné. Ce n’est certainement pas un hasard si NAKAMURA fait remonter leur première apparition sur Terre en 1489 à Béfort (où plus précisément en 1478), au début de la Renaissance en Europe, le nom de cette période étant plus qu’évocateur, à la fois pour ces nouveaux esprits, et leurs nouvelles existences.
C’est donc à partir de cette période que les sept scientifiques, eux-mêmes réincarnés, tenteront de retrouver le corps ayant accueillit l’esprit de leur princesse. Mais cette dernière aura bénéficié d’un bien meilleur karma, sa conscience n’ayant pas conservé les souvenirs de sa précédente existence, si ce n’est quelques impressions d’un paysage. Il faut ici souligner que le principe de réincarnations est une sorte de parcourt de l’âme, qui d’étape en étape, tend à s’épurer. En reproduisant des réincarnations conscientes, les Fantastic Children vont à l’encontre du processus, et c’est pour cela qu’ils seront amenés parfois à combattre la divinité de la mort, Yamaraja (Emma).
Mais les enfants aux cheveux blancs ne sont pas les seuls à rechercher la princesse. Une organisation puissante semble s’y intéresser, et cela pour deux raisons principales. L’une d’entre elle est que le corps de la princesse renferme une énergie destructrice, venant pour ainsi dire du royaume des morts dont elle est revenue, après avoir été victime d’un attentat, et pouvant apporter la puissance à celui qui la réveillerait.
Outre les références à la mythologie grecque au travers des sept enfants aux noms évocateurs des démons helléniques, ainsi que part leur responsabilité, NAKAMURA donnera logiquement à leur planète d’origine le nom de Grèce. On peut y voir une certaine originalité dans ce choix, la Grèce étant l’un des pays les plus représentés au travers des noms d’étoiles qui recouvrent la voûte céleste. Mais c’est surtout au travers de la romance amoureuse qui y sera contée, que cette histoire rappellera les grandes tragédies grecques, voire celle de Tristan et Iseult, ou encore d’autres œuvres s’en étant inspirées, telle La Nuit des Temps de René BARJAVEL, avec laquelle on soulignera quelques parallélismes scénaristiques. On notera également que les êtres de la planète Grèce sont comme les dieux grecs, de taille imposante face aux humains, et que l’un d’entre eux, en la personne de Dumas, a adopté la taille des terriens pour se mélanger à eux, tout comme le firent certains dieux, ou demi-dieux grecs.
On pourrait aussi comparer quelque peu l’utilisation du temps lié à l’espace à d’autre séries qui l’on utilisé de façon plus ou moins proche, et Noein en serait un exemple, avec en plus pour cette dernière, une atmosphère en début de série effleurant quelques ambiances éprouvées dans Fantastic Children.
Si Helga dans la première partie sera un personnage peu loquace et d’un tempérament très refermé sur elle-même, voire pathologique, elle adoptera au fil de la série une certaine ouverture, communiquant un peu plus, comme si ce qui la rapprochait de ce qu’elle semble vouloir trouver, lui permettait d’ouvrir quelques portes que son âme avait clôturées.
De même, les Fantastic Children, malgré leur aspect et leur personnalité très froide, offriront quelques scènes des plus sensibles, pouvant évoquer les affres que le temps peut infliger sur un Highlander. Cette souffrance parfois perceptible, voire visible à leurs yeux quand ceux-ci succombent à la faiblesse des réminiscences de leur passé est des plus déchirante. Combien de fois durent-ils fuir leur enfance avant que d’avoir atteint leur douzième année, pour ne pas oublier leur origine. Renaître dans un autre corps, le laisser vivre douze années, et recommencer encore à chercher leur princesse qui elle, avait tout oublié.
Les relations familiales tiendront également une place importante dans cette œuvre. On le voit par l’intermédiaire de Thoma qui vit très heureux auprès de ses parents, au contraire d’Helga et de Chitto qui sont orphelins. En parallèle, les Fantastic Children connaîtront à la fois l’attachement et le déchirement de plusieurs vies qu’ils ne pourront s’offrir, à l’exception de Palza. Il en sera de même dans une autre mesure sur la planète Grèce, qui verra le pouvoir de son roi, le père de la princesse Tima, déstabilisé par son propre frère. Ce dernier ayant pour épouse, l’ancienne reine, mère de la princesse et qui lui donnera un fils, à qui l’on refusera l’amour maternel, et qui sera élevé sous la haute autorité de son père. Celui-la même, qui après avoir détruit une partie du royaume, partira à la recherche de la princesse Tima, ou plutôt de l’arme qu’elle représente à ses yeux.
Les Architectes de ces renaissances
Le créateur de ce monde n’est autre que NAKAMURA Takashi qui a également écrit le script, conçu le character design, et dirigé la série. On lui doit déjà beaucoup, comme ses précédentes créations personnelles avec les films L’Arbre de Palm et Catnapped !, ainsi que le segment Chicken Man and Red Head de Robot Carnival, où il officiait également aux différents postes précités. On le connaît aussi pour avoir réalisé le character design de la série Peter Pan no Boken (1989), mais il oeuvra également du coté de l’animation sur de grands classiques, tels les films Yamato yo Eien ni, Macross ou Kamui no Ken en tant qu’animateur clé, ainsi que Akira où il officia à la direction de l’animation. Il travailla aussi à de nombreuses reprises avec KOMATSUBARA Kazuo sur Nausicaa de la vallée du vent, Junkers Come Here, Histoire de fantômes chinois ou encore Rennyô Monogatari. Il a ainsi travaillé avec les plus grands, tel MIYAZAKI, OTOMO ou RINTARÔ, et s’est forgé au fil de ses travaux un univers personnel, tout autant reconnaissable qu’un MORIMOTO Koji. Ici, son style graphique reste celui qu’on lui connaît, à la fois quelque peu enfantin, mais qui a toutefois certaines sensibilités matures. C’est la première fois qu’il réalise une série télévisée. Ce format semble dans le cas de la mise en scène, ainsi que de l’évolution du scénario, lui convenir autant si ce n’est plus que le long-métrage, dont on notera, pour sa seconde réalisation avec L’Arbre de Palme en 2001, quelques hésitations sur certains choix. On soulignera également que le character design de certains personnages de ce film se retrouve pratiquement à l’identique dans la série, NAKAMURA, comme quelques autres, aimant à réutiliser certaines de ses créations dans d’autres contextes. On pourrait voir aussi le long-métrage, comme un travail manquant d’une certaine finition dans sa construction narrative, chose que la série Fantastic Children est parvenue à édifier.
Pour cette série dont l’animation est agréable, sans toutefois être très relevée, ce qui n’enlève en rien sa qualité, NAKAMURA a confié la direction artistique à une grande personnalité de ce domaine en la personne de YAMAMOTO Nizo. Celui-ci n’est autre qu’un des grands noms du Studio Ghibli. Il a à son actif de nombreux décors pour des œuvres comme Le Château dans le ciel, Le Tombeau des Lucioles, Le Voyage de Chihiro, ou encore Princesse Mononoke. Il avait également travaillé avec TAKAHATA et MIYAZAKI sur Conan le fils du futur, Sherlock Holmes, Kié la petite peste ou une autre bastille avec Le Château de Cagliostro. La touche Ghibli est ainsi quelque peu présente, YAMAMOTO étant également accompagné par un jeune décorateur du studio à l’effigie de Totoro, MASUYAMA Osamu.
La composition musicale est signée quant à elle par une personnalité qui n’a que peu travaillé dans le domaine de l’animation. Il s’agit de UENO Koji. Il a commencé sa carrière en 1978 sur la scène new-wave et punk japonaise, dans plusieurs groupes, comme Guernica. Il travaillera à de nombreuses reprises pour le cinéma, entre autre auprès de SAKAMOTO Ryûchi sur plusieurs films, dont Le Dernier Empereur et Les Ailes d’Honneamise. Il a également composé de nombreuses œuvres pour musiques et orchestres de chambre. L’agencement de sa partition accompagne toujours très délicatement la mise en scène, imposant discrètement ses cordes mélancoliques, dans une atmosphère musicale quelque peu sombre.
Quant aux magnifiques génériques, s’imposant par leur beauté mélodique, celui du début Voyage est comme une douce marche, et celui de fin Mizu no Madoromi, également interprété dans la langue de Dostoïevski au cours de la série, évoque les ballades celtiques. A cet égard, ce dernier est interprété par la chanteuse russe Origa (GITS) qui avait déjà œuvré dans ce registre avec Princess Arete. Sa composition fut aussi écrite par le pianiste RYO Kunihiko (Les 12 Royaumes) qui avait déjà travaillé pour la chanteuse sur son album Eien.
On notera, comme sur plusieurs séries actuelles, qu’un épisode, le quatorzième ici en l’occurrence, résumera les évènements s’étant déroulés dans les épisodes précédents. Si ce genre de procédé peut parfois n’être pas des plus utiles, il permettra ici de passer de la première partie de la série à la seconde qui s’en distingue fortement, après que la véritable personnalité d’Helga soit révélée à tous, ainsi qu’à elle-même.
 Helga (2001-) |
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Serafine et Séraphine
Il est fort probable que NAKAMURA connaisse l’œuvre de peintre de Séraphine de Senlis (Séraphine Louis, 1864-1942). Bien que Serafine, le personnage fictif, soit né en 1859 et décédé à 42 ans en 1901, certains points de similitudes sont à noter dans leurs peintures, mais également dans leur vie respective. Dans la série, Serafine décède à l’Hôpital Sanatorium de Clairmont alors que la véritable Séraphine fut enterrée au cimetière de Clermont dans l’Oise. On peut lire sur sa tombe les mots suivants : ‘‘Ici repose Séraphine LOUIS MAILLARD (sans rivale) en attendant la résurrection bienheureuse.’’ 02-09-1864 / 18-12-1942. Une épitaphe qui fait quelque peu écho à la réincarnation de Serafine en Helga. De plus Séraphine de Senlis s’est adonnée à l’art de la peinture à partir de ses 42 ans, l’âge du décès du personnage fictif dans la série.
Sa peinture fait de thèmes répétitifs et une certaine exécution de ses travaux, en on fait une représentante de l’art dit - naïf - associé par quelques spécialistes à une certaine pathologie, ce qui était aussi le cas de Serafine, qui souffrait d’un souvenir qu’elle ne pouvait mettre que sur la toile, à défaut de le réveiller en elle.
Ce n’est qu’une affaire de temps...
Il y a des séries d’animation qui nous touchent plus particulièrement. Fantastic Children est de celles-là. Elle mêle une multitude d’éléments qui pourraient nuire à une certaine facilité de compréhension. Allant parfois d’une époque à une autre, ainsi que de lieu en lieu, cela également aux grés des souvenirs des protagonistes, mais avec une habileté certaine et une approche toute en douceur qui fait éprouver au spectateur, des sentiments épars qui, au fil de la construction narrative, s’assembleront de manière lumineuse. Les émotions alors ressenties pour les personnages n’en sont que plus renforcées, ces dernières étant traitées à la fois avec simplicité, mais aussi avec une grande sensibilité.
Pour parachever cet article comme à son commencement, voici une autre poésie de Hermann HESSE faisant légèrement écho à cette série. Il s’agit de Degrés, dont le terme employé en astronomie signifie, dans la culture indienne qui inspira beaucoup l’écrivain, un certain calcul sur les planètes et leurs situations dans l’espace.
Degrés
Toute fleur se flétrit un jour, toute jeunesse
Se fane ; ainsi fleurit tout degré de la vie,
Fleurit chaque vertu comme chaque sagesse,
A son heure, et n'atteindra pas l'éternité.
Le coeur, quand l'existence à nouveau l'y convie,
Doit être prêt pour les adieux, prêt à poursuivre
Un objet différent, sans larme, avec fierté,
Prêt pour des destins neufs, une neuve amitié.
Chaque commencement recèle une magie
Qui sait nous protéger et qui nous aide à vivre.
Sereins, il faut franchir espace après espace,
Sans faire d'aucun d'eux notre unique foyer.
L'Esprit universel ne veut pas nous lier:
De degrés en degrés, vers de plus hautes places
Il nous mène. Aussitôt que nous nous reposons
Dans un doux cercle étroit, le sommeil, l'hébétude
Menacent. Le départ vers d'autres horizons
Peut seul nous arracher à la lâche habitude.
Peut-être l'heure encore où nous devrons mourir,
Jeunes, nous guidera vers des terres nouvelles...
La vie, incessamment, nous parle, nous appelle.
Prends donc congé mon coeur: ainsi tu vas guérir.
Hermann HESSE, traduits par Jean MALAPLATE (Librairie José Corti)
Remerciements à Beez et Charlie Martinet
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Jacques Romero | | | January 2007 |
1. Le poème, mis en exergue de cet article, fut par la suite mis en musique en 1978 par Bertold Hummel (1935-2002), dans la pièce musicale Irgendwo, op.71a n°5 (6 poèmes de Hesse composaient cet opus). C’est après avoir composé de nouveaux lieder, sur des poèmes de Hesse en 2002, que ce compositeur décédera.
2. Peut-être une référence à Koguryô, nom d’un des royaumes coréens les plus importants et puissants du 3ème siècle av. JC au 7ème ap. JC.
© Takashi Nakamura / Nippon Animation Co. Ltd, FC Project 2004 |
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