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Humour potache et satire grinçante : le cocktail déjanté de Popetown


        Une fois n’est pas coutume, l’éditeur Kaze a dérogé à sa ligne éditoriale consacrée à l’animation japonaise, pour nous proposer cette « drôle » de série franco-germano-britannique, et ce pour notre plus grand plaisir. En effet, à l’origine de Popetown, nous trouvons un studio français à l’origine de séries et de sketches d’animations diffusés sur Canal+, il y a quelques années. La série papale est tout d’abord prévu pour une diffusion en Angleterre, mais la BBC devant la future controverse que cette prochaine programmation allait engendrer décide d’annuler la diffusion. La série est quand bien même prévu en Allemagne où quelques épisodes seront diffusées avant que les représentants de l’Eglise catholique en Allemagne ne se plaignent et que la diffusion cesse également outre-rhin. Finalement, en France, Kaze et MCM vont chacun s’y coller, l’un en DVD et l’autre à la télévision.



        Cette série déjantée traite avec un humour, parfois grinçant, le plus souvent potache, tous les travers de la religion Catholique (et des autres également…). Le ton est irrévérencieux, les blagues virent parfois au scatologique mais avec un tel décalage par rapport à une réalité du Saint-Siège, qu’il n’est pas sérieux d’y voir là une véritable attaque contre l’institution Catholique. D’autant plus, que le personnage central, le père Nicolas, est plein de bonnes intentions et incarne, sans non plus exagérer, l’idéal chrétien (attentionné envers les orphelins, aide aux personnes en difficulté, etc.). En réalité, tous les personnages sont des sortes de caricatures, à la limite du cliché (dans le bon usage de la figure symbolique), d’extrêmes de leurs fonctions ou du rôle qu’il joue au Vatican : les trois cardinaux font bien évidemment penser aux scandales financiers des années 70-80 liés au Vatican et leur corruption ne connaît aucune limite, la sœur Marie est l’archétype de la nonne un peu simplette mais gentille et dévouée (cependant secrètement ou inconsciemment amoureuse du père Nicolas), la sœur Pénélope au contraire incarne les personnages religieux aux ambitions démesurés, dans un rôle de présentatrice d’une télévision papale (fantasmée bien entendu). On trouve également un curé zoophile, incarnation des tendances malheureuses qui ont défrayé la chronique ces 20 dernières années autour de la pédophilie de certains membres du clergé. Il s’agit là bien évidemment de figures extrémistes permettant de créer des situations comiques, le tout placé dans un décor finalement très neutre, mais très chargé en symbole : le Vatican. C’est d’ailleurs appuyé par la réalisation qui a choisi de traiter les décors en 3D et les personnages et accessoires en 2D, créant ainsi une distance évidente entre les deux, bien que la satire soit excessivement présente et très grinçante.



        Tout cela pourrait sembler limite si le personnage du Pape, à lui tout seul, ne venait pas désamorcer tout l’édifice et bien nous faire comprendre qu’il s’agit avant tout d’un délire satirique et non d’une réelle critique de l’Eglise. En effet, le personnage du Pape est une sorte de « gamin » hyper-actif, violent, pas propre sur lui et d’une vulgarité sans limite. Il n’a aucune conscience des ses responsabilités et préfèrent s’occuper avec ses jouets (au passage il traîne souvent avec un robot à la main qui ressemble à s’y méprendre à Goldorak et autre Mazinger…). En clair, le Pape est l’élément déclencheur de la série dans ce que sa présence (ou son absence) joue toujours un rôle moteur sur la narration, ce qui le place bien évidemment au centre du processus fictionnel et donc lui donne une importance considérable. C’est pourquoi, sa caractérisation permet à la série de ne jamais tomber dans le choquant, car elle a toujours sous la main une figure hautement improbable qui désamorce toutes les situations que les 10 épisodes de la série nous propose.
        A consommer sans modération (contrairement à l’alcool)…






Axel de Velp
March 2007


Remerciements à Aurélie Lebrun (Kaze).

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