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Tragédie nippone dans Shinobi.


          Réalisé par SHIMOYAMA Ten, Shinobi est une adaptation « Live » d’un roman de YAMADA Fûtarô paru entre 1958 et 1959, qui connût un grand succès dans le genre des récits de ninja. Il est l’un des auteurs à l’origine du mythe du ninja et son roman fut tellement populaire qu’il fut adapté en manga de 5 tomes (entre 2003 et 2004) sous le nom de Basilisk, YAMADA étant crédité au scénario et SEGAWA Masaki au dessin. L’œuvre fut aussi adapté en anime en 2005 par le studio Gonzo, sous le nom de Basilisk également (réalisé par KIZAKI Fumitomo), alors que la production du film « live » était lancée simultanément.



          L’histoire retrace l’amour impossible entre deux ninjas de clans opposés, qui se retrouve au milieu d’un conflit politique dont l’aboutissement est vouée à détruire ces deux clans en les montant l’un contre l’autre. Mélange de tragédie shakespearienne à la Romeo et Juliette et d’intrigues de cour à la Richard III, le film de SHIMOYAMA lorgne bien évidemment du côté du roman de YAMADA dont l’ancrage historique est plus que solide : les deux clans mis en scène ont bel et bien existé et se sont affrontés pendant très longtemps. Bien entendu, les pouvoirs supernaturels dont sont dotés les guerriers ninjas de chaque clan relève du cinéma fantastique et l’évolution du genre du récit de ninja depuis les années 50, que ce soit en romans, mangas ou anime. Mais la réalité historique du ninja, combattant de l’ombre joue dans le sens de ce fantastique. Par ailleurs, le film fait clairement référence aux films de sabre nippons de la grande période du cinéma de genre japonais des années 50 aux années 80.



          Le film présente ainsi une histoire d’amour toute en subtilité, mais d’une grande force, appuyée par les superbes paysages capturés par la photographie de CHIKAMORI Shinji, qui viennent illustrer les quelques moments de bonheur des amants maudits, ainsi que leurs moments de détresse. Mais Shinobi fait bien sûr aussi la part belle aux scènes de combat dynamiques et ambitieuses, dont la plupart servent un aspect narratif, dans ce qu’elles dévoilent les personnages et leurs psychologies au spectateur. Finalement, il nous semble que ce film, mineur il est vrai, jouit quand même d’une facture de très bonne qualité et aurait gagné à creuser davantage les rapports entre les divers personnages afin de mieux cerner les enjeux de chacun, en particulier le versant politique qui mène chaque clan vers son autodestruction mutuelle.





Axel de Velp
May 2007


Remerciements à Aurélie Lebrun (Kaze).

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